Camp interclubs Anialarra 2016 - 1ere semaine de Septembre



Ca défile trop vite un été ! Après deux semaines et demi passées fin juillet sur le massif de Ger, j'ai réussi à m'organiser (non sans mal) pour pouvoir fréquenter une semaine de plus les Pyrénées, en rejoignant l'interclub Anialarra sur la Pierre-St-Martin à la mi-septembre. En effet, les expéditions estivales se poursuivent traditionnellement à cette époque pendant quinze jours durant lesquelles sont jouées les prolongations souvent riches en découvertes.

Frits (GRSC) et moi (C7casa), nous nous étions mutuellement motivés pour répondre présents aux invitations insistantes de Paul § Annette et ainsi se retrouver avec Tobias à 5 pour vivre une semaine passionnante sur le massif.

Départ classique de Belgique à l'aube et arrivée en soirée au Chalet Arsip après 14 heures d'une trop longue route et sous un soleil de plomb. Faut quand même le vouloir... d'autant qu'on n'en parle jamais, mais ça coûte aussi un tel déplacement, surtout lorsqu'on n'est que deux à partager les frais d'aller-retour.


Nous retrouvons donc nos 3 collega's arrivés hier et qui sont déjà montés aujourd'hui sur le massif pour aller installer les deux tentes d'altitude et dans la foulée poursuivre la désob dans la Sima Pokemon, souffleur ouvert comme d'autres dans le secteur dans l'espoir de rejoindre Située la rivière Tintin, ce qui permettrait d'aller travailler à une possible jonction Anialarra/Partages sans devoir crapahuter deux jours à travers le système pour atteindre l'amont concerné. Un boulot de longue haleine qui finira espérons le par payer !

Notre dimanche, nous le passons à monter bien lestés (tout l'équipement perso pour passer une semaine en montagne) sur la zone dans la matinée, à nous installer brièvement et dès le début d'après midi à descendre Annette, Frits et moi dans la Sima de las Plumas proche du camp. Objectif : désob à -60, au bas d'une série de jolis petits puits entrecoupés de chatières élargies l'été, dont une que nous purgeons au passage. Le travail accompli, nous ressortons pour aller dans la foulée poser notre matériel à l'entrée de la Sima Babosa, objectif de demain. Sur ce temps, Tobias et Paul ont poursuivi la dure besogne dans Pokémon.



Lundi : départ matinal pour la la sima Babosa toujours à 3 pour revoir le fond à -345m de profondeur.La cavité est située sur les crêtes d'où la vue sur Ukerdi est magnifique. Que de potentiel encore de ce côté même si bon nombre d'équipes s'y sont déjà attaqués (dont les CRS avec Tobozzo).

La sima de Babosa est pour le moins sportive. Elle s'est d'ailleurs bien défendue avec sur les premiers 60 m de dénivellation une kyrielle de rétrécissements, autant de chantiers qui ont demandé beaucoup d'efforts pour être au fil des années franchies. La suite est plus confortable avec d'impressionnantes verticales à partir de -170, avec plusieurs variantes qui ont chaque fois jonctionné entre elles. Bref, au terme d'une longue enfilade de puits dont la dernière série rééquipée par Annette, nous avons touché le fond.

Comme annoncé, on prend pied sur un tas de blocs sans suite, si ce n'est une minuscule fissure peu attirante, sans réél courrant d'air. Mais alors que Frits pose son réchaud pour se faire une soupe, un petit trou noir entre les cailloux l'interpelle. Ni une ni deux, les deux pelles mécaniques qu'il a au bout des bras se mettent à route et ont vite fait de déplacer un m3 de roche ! Une petite tête de puits s'ouvre ! Incroyable. Le temps de placer deux goujons et je peux me faufiler dans l'étroiture verticale et descendre ainsi un P7. Je prends pied sur une petite flaque d'eau et m'empresse de jeter un œil sur la suite. M****, une nouvelle fissure verticale ! Mais avec fort courant d'air (tantôt souffleur, tantôt aspirant... bizarre). Annette vient également prendre la température. Certes très intéressant mais très laborieux à ouvrir. Pas plus que les x déjà ouverts dans la zone d'entrée mais voilà, on est ici à -350, ce qui change tout...

Remontée, avec au passage encore une petite diversion dans une fissure active s'ouvrant à une dizaine de m du fond, ma foi intrigante. Frits l'élargit et je m'y enfile mais 5 à 6 m plus bas, c'est terminé :-(

Il est déjà tard, en route pour la sortie, avec au passage la vérification d'une lucarne finalement sans intérêt. A -250 notre second objectif dans une branche annexe est laissé pour une autre fois (puits Manneken Pis)

Il nous faudra encore trois petites heures pour ressortir. Faut avouer que je n'aurai pas été des plus rapides sur ce coup là mais c'est qu'on vieilli ma bonne dame ! TPST : 10 à 12h, je ne sais plus trop.

Mardi : pas l'intention après la sortie de la veille de la faire trop dure ! Aussi, notre matos récupéré à l'entrée de Babosa, Frits et moi retournons à Las Plumas pour l'état des lieux. Le dernier ploops a fait du dégâts. Les fragments de roche sont sortis de l'étroiture finale et entassés au pied du puits. Nouveaux trous, nouveaux chargements et remontée pour aller tirer du bas du puits d'entrée. En attendant que ça passe, nous allons casser la croute en surface. Dehors le temps change mais nous épargne encore. Re -60m et re-déblayement. Frits parvient du coup à descendre le ressaut mais dessous, ça se présente mal. Deux possibilités mais aussi difficiles une que l'autre à attaqué. Frits y mets toutes son énergie au percuteur avant de préparer à nouveau de quoi faire plus de dégâts. Au bruit entendu à la sortie, nul doute qu'il y en aura eu. A vérifier à la prochaine descente.
Paul et Tobias étaient sur ce temps une nouvelle fois dans Pokémon où ils ont bien bossé mais sans avoir eu le bonheur de passer pour de bon. Le trou se défend bien mais on garde espoir. Annette a quand a elle rapatrié son matériel de Babosa vers l'AN51.

Mercredi : météo montagne n'annonce rien de bon pour la fin de la journée, que du contraire. La nuit prochaine risque d'être très tourmentée. Aussi, décidons nous de faire une petite journée spéléo et descendre en soirée se mettre à l'abri au chalet Arsip.

Frits et Annette reprennent le chantier de Las Plumas qui reste décidément problématique.
Paul préfère se mettre en mode "surface"pour ménager son épicondylite aigûe.
Il nous emmène Tobias et moi à la Sima Antartica. Toute proche du grand Entonnoir et du gouffre "le Grand Grisson" (-220m, une de nos explos et moment fort de nos expés ESS d'il y a pas loin de 30 ans...), cette cavité glacée comme le suggère son nom avait été vue en 2011 par Bart et Kris jusque -70, avec arrêt sur grand puits gelé. C'est donc très enthousiastes que nous entamons l'équipement du puits d'entrée.
A sa base, le gros névé semble faire bouchon vers le bas mais se poursuit latéralement par une belle pente oblique de neige dans une faille de bonne dimension. Pas d'équipement....bizarre... mais qu'à cela ne tienne, s'est super engageant. Au bas du toboggan, un cran de descente d'une dizaine de mètres nous permets de prendre pied sur un gros plancher gelé, un genre "banquise" avec au sol une épaisse couche de glace translucide. Féérique ! Dans le prolongement un ressaut est escaladé. Derrière : un puits, qu'on délaisse pour plus tard car nous sommes attirés par un tube de glace vertical s'ouvrant à l'opposé. Diamètre de 2 à 3 m, profond d'une trentaine de mètres. Un véritable "moulin" comme sur les glacier ! Heureusement, pas besoin de fractionner. On finit par déboucher sur des crêtes de neige dans une grande faille où des pendeloques de glace fondent petit à petit. Nous sommes à bout de corde, l'aventure se termine ici pour aujourd'hui ! 

De retour au camp, les autres ont vite compris à notre large sourire qu'on a pris notre pied. Le mauvais temps nous talonne, aussi nous ne nous attardons pas pour redescendre dans la vallée où une bonne douche et un bon repas sont fort appréciés.

Jeudi : fini les fortes chaleurs de début de semaines ! Pour l'heure, le temps est redevenu potable. Le petit déjeuner avalé, nous remontons au camp. Comme nous avons prévu de descendre dans le système demain afin d'échapper au gros épisode pluvieux annoncé pour la fin de semaine, je décide de m'épargner et reste l'après midi à fouiner en surface aux alentours de la sima Antartica où Paul et Annette suivent en topo un Frits remonté à bloc et un Tobias forcément très enthousiaste. Je sais forcément que je rate quelque chose mais sachant qu'on compte sur moi demain, je me dois de ménager ma monture pour être sûr d’assurer... 
Et de fait, c'est super excités par ce qu'ils ont exploré que mes camarades ressortent. Bien qu'assez engagée du fait de la présence de glace, la suite s'est avérée grandiose avec un grand puits sur faille, du volume et du suspens puisque là où tout semblait fini, Frits a ouvert un trou comme le point d'où émanait un bruit suspect qui n'était en fait que le courant d'air. Et derrière une grosse galerie fossile sur une centaine de mètres, au bout de laquelle se trouve un grand puits sans fond ! Vous dis pas comme notre champion était excité, surtout de savoir qu'il devrait attendre l'an prochain pour y retourner... (même si la topo semble démontrer qu'il y aura certainement jonction avec une cavité explorée jadis par le SC Planturel). A vérifier quoi qu'il en soit en 2017.

Vendredi : comme prévu le temps est moche et il faut froid, nous nous sommes d'ailleurs réfugiés dans la grotte-abri. Paul et Annette font l'impasse sur l'AN51 pour pouvoir descendre en fin d'après midi au chalet où arriveront pendant la nuit Mark et Dagobert.

Frits, Tobias et ...moi... entamons donc la descente des 400 m de puits de la Sima de los dos Aquarios, accès au système. Au programme, du retard topo. Cela commence par le déséquipement d'une escalade pour le moins audacieuse réalisée par Frits en août. Ce qui nous amène dans le Grand Chambardement au niveau du Coude Malchance ou bout de la galerie de Terrils (autant d'endroits que j'avais baptisé en 1986...et que je n'avais plus foulé depuis). Et là dessous se développe des petites galeries plus ou moins sympathiques qui viennent encore rajouter des centaines de mètres à cet incroyable réseau qui atteint maintenant les 43 bornes. Après de patients levés topos, nous terminons par une escalade que n'avait pu terminer Paul en août dans une grosse galerie perpendiculaire au grand canyon fossile en vue d'une jonction avec une autre dans le même axe. Mais nul doute, à voir la flotte qui tombe de partout et surtout au niveau de l'arrivée du grand puits de la Sima Ibarra (si je me souviens bien), la crue est en train de passer... Ca n'empêche pas Frits de franchir les ressauts un à un. Nous atteindrons ainsi un grande verticale où le fracas de l'eau est assourdissant. Le descendre est impensable dans l'état. Nous sommes impressionnés. Ce sera le Puits "à pisser dans son froc !". Demi tour en levant le bout de topo manquant.

Après s'être remis de nos émotions devant une bonne soupe chaude, nous reprenons le chemin de la sortie.
La petite cascade de rivière de l'AN51 a "décuplé dix fois" de débit. Heureusement,nous n'avons pas à nous en faire, les puits sont bien équipés hors flotte.
Mes deux jeunes ont la bonté de me délester un maximum de matériel collectif. Du coup je ne m'en sors pas trop mal en avalant les 400 m en deux heures. TPST : 14 heures.

Dehors, l'orage a laissé place à du brouillard.. Le temps de se refaire une santé au camp et c'est avec délectation que nous nous enfilons dans nos couchages pour une courte nuit.

Samedi : pour Frits et moi, c'en est fini cette année. Vu la météo du jour, aucun regret à quitter Anialarra ! Tobias qui pensait attendre la relève ici préfère redescendre avec nous au chalet où nous arriverons complètement détrempés. Ben oui, la Pierre, c'est aussi ça !

Pour la suite, voyez  le CR sur le blog du SC Avalon




Et pour voir tous ça en images et en musique, rdv sur





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2 commentaires:

Brice Maestracci a dit…

Beau compte rendu. Les Belges roi d anialarra!

Brice Maestracci a dit…

Beau compte rendu. Les Belges roi d anialarra!