Haut-Atlas 2019 : M'Goun et Vallée des Roses - Semaine 1

Depuis cette méharée que j'avais réalisé en familles (3) dans le désert marocain du coté de Zagora (Hamadaa Draa), je m'étais dis que je retournerais au Maroc pour arpenter les montagnes.



Et cette fois encore avec le service d'un guide, d'un cuisinier, de mules et muletiers. C'est à mon sens le meilleur plan pour d'une part ne pas à avoir à crouler sous un gros sac et randonner en autonomie avec les aléas que ça comporte dans ces contrées très reculées.
La présence d'un guide a le gros avantage, s'il est bon, de ne pas avoir à chercher le meilleur itinéraire, de ne pas louper ce qu'il y a à voir et ne figure pas nécessairement dans les livres. On peut profiter de sa connaissance du berbère et de ses bons contacts avec la population tout au long du parcours. Avec les muletiers et leurs bêtes, grâce à tout se qu'ils transportent,  en vivant leur quotidien, on se sent ainsi en mode nomade, en vivant un peu à leur manière, en partageant leur culture, leurs habitudes, leur manière d'être, en les faisant vivre aussi !

Etant peu enclin à passer par  une des grosse agence d'aventure européen, je voulais quelque chose de plus authentique et faire dans le voyage éthique. Grâce au conseil d'une collègue d'un ami (choukrane !) je m'étais adressé par WhatApps et mail à un certain YOUSSEF pour mettre sur pied un trek de 14 jours avec un cahier de charge assez clair, à savoir un parcours au maximum en dehors de sentiers battus, sans nous économiser des heures de marche, sans se tracasser des denivellés, avec la plus grande variété de paysages minéraux possible mais aussi à la rencontre de population locale. Sans oublier l'ascension du second 4000 d'Afrique, le M'GOUN. 

Et il a plus qu'assuré notre Youssef ! D'origine berbère et issu d'un petit village de l'Atlas, il a eu l'occasion de s'instruire et connait tout de la géographie, de l'histoire, des coutumes, de la religion de la politique de son pays. Franchement, bien qu'encore relativement jeune, c'est un érudit et il aime partager ses connaissances. Un vrai ambassadeur berbère ! Guide de montagne breveté, il connait le Maroc comme sa poche ! Et c'est un super organisateur, attentif, attentionné même, qui sait s'adapter et qui n'abandonne pas à la première difficulté.

Tout était réglé comme du papier à musique. Hormis deux soupers à Marrakech, son prix comprenait la prise en charge à l'aéroport, les deux nuits en Riad dans la Médina, le transport vers le Haut Atlas, sa présence tout au long du trek, celle du cuistot et donc toute l'intendance, la nourriture, les tentes, matelas, 3 muletiers et leur mule, et le minibus de retour à Marrakech. Bref, du "all inclusive" !!! Et nul doute que pas plus cher qu'en essayant d'organiser tout soi même, avec les risques de se faire arnaquer, de perdre beaucoup de temps et de louper plein de choses... Moins cher aussi qu'un T.O. 

Je vous propose de revivre, jour par jour, en quelques mots et avec une sélection de photos,  le circuit effectué. Et ce en compagnie de Benoit, de Luis, de son frère Marc et de Marianne, une fine équipe avec qui j'ai eu beaucoup de plaisir de vivre ce super séjour au soleil.



Jeudi 26 septembre
Départ de Sprimont à 2 heures du mat pour rejoindre BRUCARGO où nous laissons le véhicule au Parking 2 et avec une navette organisée passer à l'aéroport de Zaventem pour décoller vers 06h avec la TAP, direction LISBONNE où nous avons 6 heures d'escale. Nous en profitons pour prendre le métro et aller passer une paire d'heures dans le centre, petit intermède bien agréable qui donne envie d'y revenir.



Un nouveau bond dans le ciel pour traverser la méditerranée, et nous prenons pied à l'aéroport national de Marrakech fin d'après midi où notre guide nous accueille comme promis pour nous emmener dans les murs de la Médina et nous installer dans un super petit Riad , le Dar Al Amane au cachet si typique, tellement reposant alors qu'on est pourtant au sein d'une vraie fourmilière. Nos prenons le temps d'aller nous imprégner de l'ambiance de la célèbre place JAMâA EL FNA avant d'aller savourer une tajine sur les toits d'un restaurant face à la mosquée La Kashba.




Vendredi 27 septembre
Le copieux déjeuner (on est belge, donc repas du matin ! ;-) avalé, nous quittons nos hôtes très sympathiques (le patron a aussi été guide de montagne). Il est a peine 8 heures quand nous prenons la route en minibus avec armes et bagages, direction l'Atlas. Outre une pause pipi à une croisée de chemins dans un chouette relais, nous faisons un arrêt à AZILAL, petite bourgade bien agréable, le temps pour notre guide de faire quelques compléments d'achats, pour Luis et moi d'acheter un chapeau de paille et se mettre dans l'ambiance.

Après un casse croute dans l'herbe, on bifurque alors vers la vallée de BERNAT jusqu'au col OUGHBAR (2220m) par de magnifiques paysages déjà bien montagneux. C'est là que nous débarquons pour descendre vers la vallée de SREMT et ainsi après 3 heures de marche (-400m) rejoindre les muletiers avec qui nous faisons connaissance. Nous découvrons ainsi notre premier bivouac installé non loin du village, à coté d'un puits où nous pouvons nous approvisionner en eau, seul chose que nous aurons à gérer individuellement tout au long du séjour. Sachant cependant que nous aurons droit à l'eau bouillie le matin pour le nescafé ou le cacao, au traditionnel et inimitable thé à la menthe à midi et au gouter, plus la tisane du soir ! Première souper sous la tente berbère et première nuit en tente, à 1800 m d'altitude.



Samedi 28 septembre

Le cuistot et les muletiers sont rodés, efficaces; à peine levés notre déjeuner est servi sur le tapis, le camp démonté et les mules chargées. Youssef a décidé d'ailleurs d'engager une quatrième pour ce début de circuit, question de les ménager.

La rando commence vraiment ! Dés la première heure nous attaquons la montée au Col ORIAAT et ses 2700 m d'altitude. Dépaysement total pour nous qui sommes plus habitués aux paysages calcaires. Ici, tout est ocre, avec des petits points verts partout, ce sont les "coussinets de l'atlas", petits buissons épineux.

Pause fruits secs en guise de "10 heures" comme ce sera le cas tous les jours, avec vue splendide sur la vallée et les montagnes de BOUGUEMAZ. Et descente magnifique via ce sentier muletier jusqu'au village Aït OURIAAT à l'entrée duquel le bivouac est installé, dans un endroit super sympa, toujours à portée de l'eau, en l'occurrence ici d'un petit canal comme il y en a des centaines de km dans l'Atlas et qui permettent d'irriguer les champs dans les vallons et vallées. Pas loin de 6 h de marche sans courir, avec un dénivelé de +900/-900m-, juste ce qu'il faut ;-)




Dimanche 29 septembre

Durant cette journée, nous découvrons la vallée des AIT BOUGMEZ passant par ses beaux villages à l’architecture traditionnelle et sinuant par ses champs bordés de pommiers et noyers. C'est fou ce que ces fonds de vallées peuvent être fertiles et sont cultivées; comme chez nous il y a un siècle ! Une abondance de fruits incroyable, une variété de légumes en tout genre, des fleurs aussi.

Avec pour un peu corser la journée et varier les plaisirs un rude montée pour franchir un col dont j'ai oublié le nom et que seul Youssef doit emprunter et surement pas avec n'importe qui ! Bonne idée de prendre de la hauteur car nous bénéficions d'un une vue à 360 ° sur les alentours.

On notera aussi le crochet par IBAQUALLIWM où nous pouvons observer sur un banc calcaire datant du jurassique inférieur des empreintes fossiles de pas de Dinosaures !

Sans oublier la pause de midi sous les pommiers pour savourer ce que Mohammed nous a préparé en deux temps trois mouvements (il est vraiment fort). Et la petite sieste qui s'impose avant de repartir pour rejoindre notre nouveau bivouac, cette fois sur les flancs d'un gros oued affluent à l'écart du village de REBAT ; à chaque fois la surprise !




Lundi 30 septembre :Bougmez -Ikiss n’Arouss
Descente de la longue vallée de BOUGMEZ que Youssef connait bien, c'est dans le coin que cetrouven le centre de formation de guides de montagnes. On traverse les nombreux hameaux, tantôt en suivant la piste très peu empruntée, tantôt par de petits sentiers longeant les cultures, avec vue sur un grenier collectif de l'époque juché au sommet d'une colline aménagée en forme de pyramide.
Début d'après midi, nous bifurquons vers la vallée d'IKISS AROUSS pour reprendre de l'altitude. Au passage, quelques grottes troglodytes perchées titillent les spéléos que nous sommes, mais on nous demande gentiment d'éviter d'y entrer. Dommage.
Nuit à 2100 au bord d'un petit torrent. On aura crapahuter environ 6h, avec un dénivelé de -100 et +400



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Compte rendu et photos de la deuxième semaine à venir dans un second article...