C'est le 12/08/2026 que nous avons pris la route Aleks dit Madeko, Kevin et moi pour traverser de "haut en bas" la France et en deux jours, évitant les péages (quelle économie !), avec nuit dans un "park4night" trouvé en chemin. Arrivés donc le 13/08 à Saint-Engrâce, en plein Pays Basque, pour se poser au camping Ibarra, bien connu des spéléos fréquentant le massif de la Pierre-Saint-Martin.
Vendredi 14/08 : avant d'embrayer sur le camp du Collectif Anialarra en cours, nous avons décidé de faire aujourd'hui la traversée Xendako-salle de la Verna à la Pierre, équipée en fixe à l'occasion des 60 ns de l'ARSIP.
C'est la dernière des percées parmi les 13 existantes je pense, dont celle via la Tête Sauvage et l'autre par le SC 3, les grandes classiques, effectuées pour ma part à l'époque (j'ai même fait une fois SC3 et remontée par Tête Sauvage). J'ai eu aussi la chance de passer par le célèbre Puits Lépineux mais aussi par le Trou Huet (la plus courte de toute).
Xendado Ziloa s'ouvre à flanc de prairie surplombant la vallée, à quelques 30min de la route nationale, au départ du parking d'El Férial, coté espagnol. C'est le Trou du Sentier, un minuscule orifice, ventilé comme il se doit vu les 500 m de dénivellation qui le sépare le la salle de la Verna.
Au delà du court ramping d'entrée qui ne saurait rebuter des spéléos belges, on débouche sur les puits qui, les uns après les autres s'enchainent. L'équipement est top et les verticales sont toutes aussi belles les unes que les autres, avec mention spéciale quand même pour les plus grandes ("Le Garde-Meuble", le "Brumisateur"). Entre celles-ci, on devine bien les quelques aménagements qui furent nécessaires et on entendrait presqu'encore les cris de joies qu'on û lancer les découvreurs !
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C'est vers -400, via le puits de la 1er jonction (il y en a 3) que nous débouchons dans l'affluent Maria Dolores de la PSM. Nous avons mis +/-2:30 sans courir, prenant le temps de faire quelques photos.
(Clichés de Kevin, Aleks et PDBie)
Petite pause pour le casse-croute et nous nous engageons dans ce long méandre qu'est l'affluent en question. Sans que ce soit vraiment difficile, la progression prend du temps, souvent en opposition, avec quelques MC dans les passages exposés. Elle débouchent finalement à -450 dans la galerie Aranzadi par les cascades rééquippées hors-flotte. L'air de rien, il nous faudra une heure pour la franchir.
Connaissant bien les lieux, nous ne trainons pas pour cavaler jusqu'à la fenêtre donnant sur la Verna, l'éclairage étant allumé pour une visite. Et de là, on a beau l'avoir souvent contemplée, on ne peut se lasser de la vue plongeante, une claque, sur la plus grande salle souterraine d'Europe !
Reste à y descendre, par l'équipement en fixe sur une soixantaine de mètres le long de la paroi. Un parcours digne d'une course de haute-montagne finalement.
Arrivés à son pied, c'est un petit extra que va alors pouvoir s'offrir Kevin ! En ayant été déposer notre véhicule sur le parking dédié sur la piste de la Verna, nous avons rencontré, par un hasard qui fait bien les choses, un spéléo du 64 qui avait participé à l'équipement de le la traversée et qui nous avait glissé à l'oreille que la corde menant au porche des Obstinés avait été remplacée. La galerie perchée là haut tout en haut au plafond de la salle était donc accessible. 110 m plein pot, à grimper sur une ficelle de 10 mm perdue dans cette immensité. D'autant plus impressionnant que ça démarre en plein éboulis 50 m plus haut que le fond de la salle.... L'ayant fait il y a 10 ans, je ne pouvais qu'encourager mon jeune ami excité, même si un peu inquiet, à l'idée qu'il a l'occasion aujourd'hui de le faire.
Vingt minutes plus tard et les fesses serrées tout le long, la salle étant restée éclairée presque tout le temps, c'est avec satisfaction et soulagement, en nage, qu'il atteindra les deux maillons d'amarrages sur deux bons goujons de 10, là tout tout en haut. Petit MC sur la pointe de pieds et il fera une rapide incursion dans la galerie décorée qui fait suite sur quelques 50 m avant bouchon. Si la montée était on ne peut plus flippante, la descente ne l'est pas moins on s'en doute et s'est un spéléo comblé que nous retrouvons sur le plancher des Aphaenops !
Aleks, restés perchés à mi paroi dans la descendte d'Aranzadi a photographié et filmé la progression, immortalisant ce moment unique.
Il ne nous restaient plus qu'à remonter au belvédère des touristes (qui en ont eu pour leur argent à voir ce pantin monter) et parcourir le tunnel pour revenir à l'air libre, après un parcours de 2.5km si l'on en croit les infos sur la page dédiée à Xendako ici
Samedi 16/08 : notre première préoccupation est de récupérer le véhicule laissé à El Férial. Ca nous prendra plus de temps que prévu. Voulant faire un petit pèlerinage jusqu'à l'entrée du Gouffre Lépineux, nous remarquons une brebis qui gisait là agonisante en plein cagnard dans un tournant. S'en est suivi le sauvetage un peu rocambolesque de la victime, jusqu'à finalement la déposer dans la bergerie de son propriétaire absent, notre prise en charge l'ayant sauvé d'une mort certaine.
Retour au camping, casse-croute et direction Aramits où l'ARSIP a tenu son AG annuel dans une salle communale mise à disposition. L'heure est au rassemblement traditionnel, dans le parc attenant, où les porte-paroles des groupes œuvrant sur les différents secteurs de la Pierre présentent tour à tour les résultats de leurs travaux, l'Arsip communiquant aussi quelques informations, comme un résumé des opérations de secours qui avaient eu lieu à l'AP7 dans les amonts du Lonné. Comme d'habitude, c'est Paul DB, qui représentait le collectif Anialarra, avec toujours des propos passionnants sur les avancées du Collectif, dont les nouvelles toutes fraîches de la pointe au bout de la rivière Tintin.
Fin d'après midi, on pouvait alors passer à la librairie Arsip déployée pour l'occasion et prendre l'apéro offert, passant d'un personnage à l'autre pour discuter le coup. L'occasion par exemple de converser avec Ruben Gomez, avec Mickey Douat et d'autres vieux de la veille qui ont fait l'histoire de la Pierre. Autant d'inconnus pour nos jeunes qui ne demandent qu'à apprendre tout ça. Mais 60 ans d'aventures sur un massif comme LA Pierre, ça ne se résument pas en une soirée !
Vint alors de repas d'anniversaire, une paëlla à la taille du massif. Durant le repas, nous ferons connaissance avec Marc B, qui longtemps a sévit comme toubib au sein du Spéléo Secours Français. Et de nous raconter qu'il a sorti un belge à l'époque du Lonné, une intervention qui l'avait marqué. Que je lui sorte le nom de notre ami du CRSL sauvé à l'occasion l'a surpris. Du coup, il m'a demandé de les remettre en contact un et l'autre. Et puis, parlant de notre camp sur le Capéran, super intéressé et voulant découvrir notre petit coin de paradis, il nous a promis de nous rendre visite à la première occasion. Ce qu'il a fait 15 jours plus tard. Chouette rencontre !
Je terminerais en remerciant l'ARSIP d'abord d'exister et de faire vivre les explos sur ce mythique massif de La Pierre, puis féliciter tous ceux qui ont permis non seulement de faire la traversée mais aussi de nous accueillir dignement pour ces 60 ans.
Bon ARSIPversaire !







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